Le jeûne

Aujourd’hui notre corps est habitué à être nourri de manière régulière, sauf que cela n’a pas toujours été le cas ! Le jeûne existe depuis des milliers d’années, il est souvent pratiqué par nécessité quand la nourriture vient à manquer.

Beaucoup de personnes utilisent aujourd’hui cette pratique pour optimiser leur bien-être. Est-il vraiment bénéfique de jeûner ?

Différents types de jeûne intermittent

Nous abordons uniquement ici le jeûne intermittent, qui consiste à alterner des périodes de jeûne plus ou moins longues et des périodes de prise alimentaire. Il s’oppose ainsi au jeûne strict pouvant durer plusieurs semaines, et que nous n’aborderons pas ici.

Il existe différentes manières de pratiquer le jeûne intermittent (pour chacune de ces méthodes, l’eau et les infusions sont autorisées) :

Le jeûne de 16h par jour

Le jeûne de 24h (à faire occasionnelle ou une fois par semaine)

Le jeûne 1 jour sur 2 (ce jeûne serait la méthode la plus efficace pour la longévité)

Le jeûne thérapeutique (sanogenèse) de 1 à 3 semaines : Il est souvent réalisé dans le cadre de l’accompagnement du traitement contre le cancer ou de pathologies inflammatoires chroniques. Il doit absolument être réalisé avec l’accompagnement et le contrôle de professionnels compétents dans ce domaine. Plusieurs cliniques sont spécialisées dans ce type de jeûne, notamment en Allemagne et en Suisse.

Le jeûne quand on veut / quand on peut : C’est le plus intuitif, qui consiste à écouter son corps, et à jeûner en fonction des sensations. Contrairement aux idées reçues, il n’est pas problématique de sauter un repas lorsque notre corps n’en ressent pas le besoin. Il est par ailleurs parfois préférable de jeûner pendant un repas plutôt que d’avaler un repas inadapté (comme un sandwich industriel bourré d’additifs).

Que se passe-t-il dans notre corps ?

Au début du jeûne, le corps va utiliser les nutriments consommés au cours du dernier repas pour nous apporter de l’énergie. Puis, une fois ces nutriments consommés, le foie va alors utiliser le glucose que nous avons stocké sous forme de glycogène afin de nourrir nos organes dits gluco-dépendants (et en particulier le cerveau). Une partie de l’énergie va aussi être puisée dans les réserves de graisses. C’est la phase la plus délicate du jeûne où l’on peut ressentir une faim importante, de la fatigue, une baisse des performances et de la vigilance.

Pendant 2 à 3 jours, l’organisme va actionner progressivement un mécanisme d’urgence pour s’adapter à cette privation de glucose : la cétogenèse. À partir des graisses, notre foie va ainsi produire à partir de petites molécules, les cétones, qui vont représenter un carburant alternatif au glucose. Ces cétones vont alors alimenter notre corps en énergie, et notamment les organes dépendants du glucose comme le cerveau et les muscles.

La période de mise en place de la cétogenèse, qui dure environ 2 à 3 jours, est généralement une étape où vous vous sentirez mieux et retrouverez de la vitalité. Cela est lié à la production des corps cétoniques, qui peut provoquer un effet euphorisant. Certains peuvent cependant mal réagir à cette étape du jeûne et ressentir une “crise d’acidose” pouvant provoquer nausées et migraines. Le corps produit beaucoup de déchets azotés pendant cette période, il est donc indispensable de boire davantage pour faciliter leur élimination.

Les effets bénéfiques du jeûne

Nos organes digestifs sont énormément sollicités au quotidien. Ils sont souvent malmenés par une alimentation déséquilibrée ou trop riche. Il semble donc assez naturel de laisser de temps à autre un peu de répit à notre système digestif.

De nombreux effets positifs du jeûne ont été mis en évidence à travers diverses études :

  • Amélioration de la sensibilité à l’insuline (le jeûne contribuerait à prévenir l’insulinorésistance ou à améliorer la gestion du diabète ; cependant, chez les personnes souffrant de diabète, le jeûne intermittent est à réaliser avec l’accompagnement d’un professionnel de santé spécialisé)
  • Stimulation des capacités d’adaptation de notre organisme, ce qui renforce sa protection via la production d’enzymes antioxydantes (lors d’un jeûne, le stress oxydatif de notre organisme augmente légèrement mais de manière transitoire)
  • Perte de poids chez les personnes obèses (c’est la restriction calorique et la meilleure sensibilité à l’insuline provoquées par le jeûne qui favoriseraient cette perte de poids)
  • Meilleure santé cardiovasculaire (diminution de la graisse viscérale, réduction des niveaux de sodium, activation de la cétose, meilleure protection antioxydante endogène, etc…)
  • Protection contre les troubles neurodégénératifs (le jeûne stimule la production de protéines neuro-protectrices, et favorise le nettoyage des molécules endommagées)
  • Nettoyage et recyclage des cellules (l’autophagie est un processus via lequel la cellule optimise le recyclage de ses composants pour faciliter sa survie lorsque l’énergie nécessaire à sa survie est insuffisante)
  • Effets bénéfiques contre certaines formes de cancer.

Ne vous lancez pas dans un jeûne en cas de contre-indication. Dans les cas suivants, il est indispensable de se faire accompagner par un professionnel de santé spécialisé sur le sujet du jeûne : troubles du comportement alimentaire, insuffisance rénale ou hépatique, pathologies chroniques (diabète, cancer, maladie inflammatoire ou neurodégénérative), pathologies auto-immunes, susceptibilités aux infections, grossesse, etc…

Nous contacter